Les petites blagues du grand Charles – le retour

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A l’annonce de l’attaque japonaise de Pearl Harbor, de Gaulle aurait confié au colonel Passy, chef de son service de renseignements : « les Allemands ont perdu la guerre. C’est la General Motors qui va la gagner. »

Depuis son retour au pouvoir, Charles de Gaulle s’attache à visiter toutes les provinces françaises. A Sacha Distel, rencontré par hasard : « Vous, je vous connais. Nous avons fait les mêmes villes. »

De Gaulle n’était pas un fervent partisan de la construction européenne. Il s’y est rallié en 1958, une fois au pouvoir, pour honorer la signature par la France du traité de Rome créant le Marché commun, le 25 mars 1957. De l’Europe des Six, il disait : « C’est un rôti. Le rôti, c’est la France et l’Allemagne. Avec un peu de cresson autour : c’est l’Italie. Et un peu de sauce dessus : le Benelux. »

En 1959, à propos de Paul Bacon, ministre du Travail – 1,60 mètre pour 53 kilos : « Il n’est vraiment pas encombrant. »

De Gaulle et Louis Vallon aiment à deviser du passé, du présent, des adversaires d’hier et d’aujourd’hui. Le Général s’épanche : « A Londres, j’étais comme un roc que venaient battre les vagues. Je me retrouve aujourd’hui dans la même situation, mais en face de moi je n’ai plus que des vaguelettes. »

A Louis Vallon, élu député RPF de Paris en juin 1951 : « Nous avons un gouvernement de fantoches. Je dis de politichiens, oui, de politichiens… De polis-petits-chiens. »

Au 5, rue de Solferino, siège du RPF, les compagnons s’entretiennent dans la salle de réunions, attendant l’arrivée du patron. Pour résumer la pensée de tous, Louis Vallon s’écrie :
« Mort aux cons ! »
La porte s’ouvre, de Gaulle entre et lance :
« Vaste programme ! »

Le 29 janvier 1950, Charles de Gaulle se rend en Côte-d’Or, où Olivier Guichard l’accueillie avant l’entrée à Dijon. Salutations et poignée de main. Guichard s’apprête à s’assoir sur le siège avant de la voiture du Général, à côté de Gaston de Bonneval et du chauffeur, mais de Gaulle l’arrête avec un sourire : « Ne vous mettez pas à trois devant, ça fait socialiste. »

Un député à de Gaulle :
« Au nom de mes amis, je vous en supplie, mon général, de changer de politique.
– Au nom de ma politique, changez d’amis ! »

Au début de 1960, Charles de Gaulle griffonne dans son carnet de notes sur le thème des partis politiques.
« Socialistes : Parti du lâche soulagement.
Modérés : concours à acheter, trahison à vendre.
Radicaux : places ! places !
Mouvement républicain populaire : enfants de chœur qui ont bu les burettes. »

A Edmond Michelet, qui lui donne le choix entre deux candidats connus à un poste important :
« En somme, Michelet, pour occuper ce poste vous me proposez un emmerdeur et un salaud ? Bon, prenons l’emmerdeur. »

Après une intervention du premier ministre Michel Debré à la télévision, le Général s’exclame :
« Il faudrait mettre le carré blanc. Il risque de faire peur aux enfants ! »

A un général américain qui vient de lui présenter des griefs contre le caractère « aventureux et indiscipliné » de Leclerc : « Leclerc a toujours fait ce que je lui demandais, même quand je ne lui demandais rien ! »

A propos du maréchal de Lattre de Tassigny : « Quel fer de lance ! Dommage qu’on perde parfois le manche ! »

A la suite d’une scène particulièrement dure entre eux, de Gaulle confie à Churchill : « Je crois avoir compris la raison pour laquelle nous nous affrontons si souvent. Cela tient à un trait de votre caractère qui vous pousse à vous mettre en colère lorsque vous avez tort et à un trait du mien qui me porte à me mettre en colère lorsque j’ai raison. »

De Gaulle à propos de l’Union soviétique : « La Russie boire le communisme comme le buvard boit l’eau. »

« Roosevelt pensait que je me prenais pour Jeanne d’Arc. Il avait tort. Je me prenais simplement pour le général de Gaulle. »

Au sujet de Pierre Mendès France : « Il n’aime pas être attelé. Il veut toujours être le cocher. Seulement voilà, pour le moment, c’est moi le cocher ! »

Printemps 1942, Londres, vers 23 heures. Le Général marche dans la rue en compagnie du capitaine Maurice Schumann, porte-parole de la France libre et animateur de l’émission de la BBC « Les Français parlent aux Français. » Abordé par deux Françaises, lesquelles pratiquaient de toute évidence le plus vieux métier du monde, de Gaulle accepte de signer un autographe sur une photographie de lui : « A Mme X, qui a travaillé pour l’Entente cordiale. »

Un conseiller d’ambassade à Damas en 1943 : « Mon général, je veux vous servir, je reste à mon poste, mais je dois vous dire que je ne suis pas gaulliste ! »
De Gaulle, le toisant : « Mais, monsieur, moi non plus ! »

Khrouchtchev vante les qualités de Gromyko, son ministre des affaires étrangères : « Vous voyez mon ministre. Eh bien, si je le siffle, il vient. Je lui dis d’enlever son pantalon : il l’enlève. Je lui dis de s’asseoir sur un bloc de glace : il s’y assied. Je lui dis d’y rester : il y reste… jusqu’à ce que toute la glace soit fondue ! »
De Gaulle, nullement démonté : « Je crains que, dans ce domaine-là, je ne sois plus puissant que vous. Regardez Couve de Murville. Si je le siffle, il vient. Je lui dis de baisser culotte : eh bien, il n’a pas à le faire car c’est déjà fait. Je lui dis de s’asseoir sur un bloc de glace : il s’y assied. Je lui dis d’y rester, eh bien, il y reste tout le temps que je veux, car sous lui la glace ne fond pas. »

Citations extraites de cet excellent petit livre !

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